La ferme de Katumbi visitée par des militaires

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des militaires ont, sans ménagement, pénétré dans la ferme Futuka, domaine privé appartenant à Moise Katumbi Chapwe, ancien gouverneur de l’ex-province du Katanga. Ils y sont restés jusqu’à 5h du matin, avant de repartir sans piper mot, laissant les gardiens dans l’hébétude. Que cache cette visite impromptue dans un contexte politique délétère ? La question interpelle autant toute la classe politique que les services compétents.

Moïse Katumbi Chapwe, sa famille et ses biens sont l’objet d’un acharnement qui a atteint des proportions inquiétantes. Aux tracasseries, privations et autres restrictions de libertés fondamentales s’ajoutent des violations flagrantes qui semblent procéder d’un schéma bien tracé. Aussi d’aucuns estiment- ils que l’ancien gouverneur du Katanga dévient un homme à battre, politiquement mais aussi physiquement.



Cette analyse est soutenue par la violation dans la nuit de mercredi à jeudi de sa ferme – Ferme Futuka- située à une vingtaine de quelques kilomètres à la périphérie de la ville de Lubumbashi. Selon des témoignages recueillis sur place, des militaires habillés en tenue de la brigade spéciale chargée de la sécurité du chef de l’Etat (Garde républicaine) ont fait irruption dans ce domaine privé sans titre ni droit. Ils y sont restés jusqu’au petit matin.

Qu’est-ce qu’ils ont fait pendant tout le temps qu’ils ont passé dans la ferme ? Difficile de le dire. Une question en appelant une autre : étant donne leur spécialité en matière de sécurité pouvaient- ils rentrer dans un domaine privé sans en aviser ou obtenir une autorisation préalable du propriétaire? Là aussi la voie est ouverte pour toutes sortes d’interprétations.

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En raisonnant par absurde, certains analystes se sont dit qu’au cas où l’on reprocherait quelque chose à Moïse Katumbi, il existerait bien des procédures pour ce faire. C’est du domaine de la justice et les services concernés sont connus. Ceux-ci se déploient en exécution, d’un mandat de perquisition ou autre exploit provenant d’une juridiction compétente. A leur connaissance, soutiennent-ils, la Garde présidentielle serait mal placée pour jouer pareil rôle. Celle-ci n’est reprise nulle part dans la nomenclature des forces de l’ordre appelées à prêter main forte à la justice, soit-elle militaire ou civile.

Et dire que l’événement malheureux est survenu alors que le propriétaire est absent du pays. Raison pour laquelle des observateurs sont tentés de faire des liens avec des motivations politiques pour y puiser des mobiles .ayant conduit une brigade spéciale à violer sans s’inquiéter le moins du monde de quoi que ce soit.

Nos sources rappellent qu’en son temps, des soupçons ont couru sur l’existence sinon l’intention de créer des rébellions dans l’ex-province du Katanga. Or, qui dit rébellion fait allusion à des armes et munitions à remettre ou que détiendraient des groupes organisés. Les ténors de cette version avaient tenté, déjà à l’époque de diriger leurs soupçons vers la ferme Futuka, quand bien même rien ne serait venu corroborer ces allégations que les proches du président du TP Mazembe avaient mises sur le compte des calomnies.

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A l’époque, Moïse Katumbi était encore membre du PPRD et, par surcroit, de la Majorité présidentielle (MP).

Lassé d’être marginalisé, martyrisé pour sa lutte en faveur de la préservation de la Constitution, il a pris son courage à bras le corps pour démissionner à la fois du gouvernorat du Katanga et du PPRD. Ce qui l’a fait basculer automatiquement dans l’opposition où l’avait précédé le G7, groupe de partis politiques qui avaient quitté la bateau MP pour déviation en rapport avec le non respect de la Constitution et le penchant aux dérives dictatoriales dont se distingue la famille politique du chef de l’Etat.

L’opinion nationale et internationale a encore en mémoire toutes les tracasseries dont a souffert sur tous les plans l’ancien sociétaire du PPRD. Même sa famille n’a pas été épargnée. Tenant compte de ce contexte politique délétère qui sévit en RDC, où l’opposition et la MP ne se font pas de quartier, l’incursion dans la ferme Futuka des éléments de la Garde présidentielle pousse des analystes à redouter l’éventualité d’une révélation dans les prochains jours des caches d’armes et des munitions. Révélation dont on peut supposer les conséquences par rapport aux protagonistes.

Par LEPOTENTIEL
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